September 28, 2017

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TOUTES CES LUEURS...

 

La danse est un bien joli rêve. Sorte de monde parallèle, dans lequel on est soudain libre d’être soi.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, on y est en sécurité.

Oui, dans ce monde perçu comme impitoyable, dans cet univers où l’on parle tant de compétition, de souffrance, de rigueur… on ne craint plus rien. On peut mettre son âme à nu, devant une foule inconnue, sans se sentir en danger… On est protégé par la lumière, la musique, un personnage soit disant fictif mais à travers lequel on est libre d’exprimer toutes nos émotions… Les nôtres. Nos peurs, nos joies, nos peines...

 

Sachez qu’un danseur vous en montrera toujours bien plus que vous ne l’imaginez… Derrière ses mouvements, son interprétation, c’est en fait ses plus grands secrets qu’il vous livrera…

Les 29 et 30 juin, lorsque vous viendrez voir le spectacle de notre école de danse, ce sera pour encourager de jeunes danseurs passionnés. Vous vous émerveillerez peut-être d’une histoire romantique, d’un décor surprenant… Certains regarderont surtout l’aspect technique, parce que c’est ça qu’il seront venus observer. Certains s’ennuieront. D’autres seront émus aux larmes, tellement fiers de leur enfant. Certains n’auront pas envie de trouver ça beau. D’autres excuseront absolument toutes les imperfections, sans aucune objectivité. Certains seront bon public et applaudiront de tout leur cœur. D’autres auront l’esprit bien plus critique.

Vous serez libres d’aimer ce spectacle, de le détester, de le trouver beau, d’être surpris, d’être déçus, de le trouver trop long ou trop court, de le regarder avec recul ou de vous laisser porter.
Et pendant ce temps là, vous serez les témoins d’une multitude d’histoires. Celle que nous sommes convenus de vous raconter… mais aussi celles que chacun d’entre nous aura envie de partager.

Ce soir là, je vous raconterai la mienne. Celle que plus personne ne connaît.

Parce que le 30 juin, c’est peut-être pour la dernière fois que j’entrerai sur scène avec des élèves, en tant que danseuse. Parce qu’il est peut-être temps.

Serai-je triste ? Je ne crois pas.

J’ai détesté la danse. Je l’ai aimée passionnément. Je l’ai trouvée cruelle, injuste. Je lui en ai beaucoup voulu. Et puis je l’ai trouvée merveilleuse et libératrice.

 

Mon premier professeur n’a pas voulu me garder dans ses cours. Elle trouvait que je n’étais pas faite pour ça.  

Mon deuxième professeur a vu en moi une étoile, et malheureusement, par son incompétence, s'est assurée que je n’en devienne jamais une.

Lorsque 3 ans plus tard, j’ai rencontré le professeur qui allait faire de moi une danseuse, il était déjà trop tard. Je ne le savais pas encore mais les exercices d’assouplissement pratiqués les années précédentes avaient eu raison de mes hanches, mon dos, mes genoux. Mon fémur droit s’était “adapté” aux exercices, entraînant avec lui tout le reste de mon corps. Mon bassin allait se fracturer.

Oui, des exercices d’assouplissement, et uniquement eux... Ces mêmes exercices que l’on voit sur instagram aujourd’hui. Ces mêmes exercices que des professeurs pratiquent avec leurs élèves, pensant que l’extrême souplesse fait la carrière. Ces mêmes exercices que de nombreux jeunes danseurs copient aujourd’hui à la maison, convaincus que cela leur apportera la gloire.

 

Lorsqu’à 16 ans, on m’a annoncé que j’allais passer l'année dans un fauteuil roulant et boiter toute ma vie, j’ai détesté la danse. Je l’ai détestée de tout mon cœur. Je l’ai détestée comme on déteste un amoureux qui nous quitte un beau matin en emportant tout ce qu'on a de meilleur. A force de travail, j’avais atteint mon rêve. J’étais de ces enfants dont on loue le talent. De ceux que l’on remarque sur scène. De ceux devant qui toutes les portes s’ouvrent. De ceux à qui l’on prédit un brillant avenir et qui entrent dans une compagnie bien avant les autres. Peut-être de ceux aussi qui avancent trop vite et perdent tout trop tôt.

 

Je n’ai pas eu mon fauteuil. Du moins pas tout de suite. J’ai bien eu une canne quelques temps, mais cela n’avait plus beaucoup d’importance. J’ai choisi un beau matin d’oublier. Je suis retournée à mes cours de danse. J’ai décidé que la danse ne me quitterait pas, mais que c’est moi qui la quitterais… un jour… plus tard. Alors j’ai serré les dents et j’ai réalisé l’impossible. Quand vous ne pouvez plus marcher sans boiter, quand vous ne pouvez plus faire de vélo, de ski, de sport en général, danser prend un tout autre sens.
J’ai préféré cacher ce qui m’arrivait. Et lorsque j’ai pris la décision de partir à l’autre bout du monde dans une compagnie faire une carrière sûrement bien moins prestigieuse que celle que l’on attendait de moi, il m’a fallu faire face à l’incompréhension de mes professeurs… Leur déception aussi. Ce qu’ils ne savaient pas, c’est qu’il n’était plus question de succès, de prestige, de renommée ou de reconnaissance. Parce que chaque pas devenait une victoire. Parce qu’il n’y avait plus que moi pour décider.

Et puis, 7 ans plus tard, le jour est arrivé où les douleurs sont devenues bien plus fortes que mon amour de la danse classique. Alors j’ai quitté la danse. Et je l’ai oubliée…

 

Mais après quelques années, il a fallu qu’elle me retrouve…

Je suis tombée sur une amie danseuse perdue de vue… Puis une autre… Puis un chorégraphe… Puis un autre... Puis sur celui qui, depuis, est devenu mon mari. Et lorsque nous avons travaillé pour la première fois ensemble, il m’a dit ceci : “La danse, ce n’est que du plaisir, Ann-Charlotte”.

Je n’avais jamais vu les choses comme ça. Moi qui me battais avec la danse depuis des années, moi qui avais décidé de la vaincre…

 

Cela fait aujourd’hui 20 ans que la danse a décidé de me quitter. Et cela fait aujourd’hui 20 ans que je suis entrée pour la première fois dans un cours de compagnie.

Cela fait aujourd’hui 20 ans que derrière ces lumières je suis libre d’être ce que j’ai envie d’être. Cela fait aujourd’hui 20 ans que chaque matin, je me dis que mon amour pour la danse sera plus fort.

 

“Mille fois tu pris ton bagage. Mille fois je pris mon envol”.

 

Ni la souplesse, ni l’amour du succès, ni un professeur ne feront de vous un danseur.

Et si je n’avais qu’un conseil à vous donner ce serait celui-ci :

 

N’attendez pas demain. Dansez votre avenir aujourd’hui.

Parce que la danse vous appartient. Et parce qu’elle n’est finalement… que du plaisir.

 

 

 

 

 

"LUEURS" | Spectacle 2018 de l'école de danse First Act 

Informations & Réservations : cliquez ici

 

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