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DANSER AU-DELÀ DES CRITIQUES

February 11, 2018

 

Soyons réalistes : Vous recevrez des critiques. Lors de votre formation de danseur et lors de votre carrière. Vous ne plairez jamais à tout le monde. Et de nombreuses personnes éprouveront le besoin d’ajouter un “mais…” après un compliment. “Mais” qui ne sera pas forcément bienveillant et constructif. Et ce, même si vous dansez avec tout votre coeur, même si vous travaillez sans relâche, même si vous mettez tout en oeuvre pour vous approcher au maximum de la perfection. (Perfection qui de toute façon ne sera jamais atteinte, soit dit en passant.)

Certaines personnes vous conseilleront et vous donneront des informations précieuses qui vous permettront de vous améliorer - et il ne faudrait pas confondre corrections et critiques. D’autres chercheront juste à vous blesser, à compenser une frustration, à donner leur avis sans se soucier de l’impact qu’il pourrait avoir sur vous. Certains auront besoin de parler. Certains auront besoin de se prouver quelque chose. Il s’agira parfois d’une attaque réellement personnelle. Mais parfois vous serez juste là, au mauvais moment.

Faut-il s’en inquiéter ? Y laisserez-vous forcément des plumes ? Devez-vous avoir peur que votre plaisir en soit gâché ? Bien sûr que non.

Car sincèrement : Ne vaut-il pas mieux être critiqué pour avoir essayé plutôt que ne susciter aucune réaction parce que l’on est resté caché ?

 

Gérer les critiques et ne pas les laisser nous affecter… Cela semble plus facile à dire qu’à faire, n’est-ce pas ?

 

Je suis une hypersensible. De ces personnes dont le monde peut s’écrouler en une seule phrase. Je rougis facilement, je cherche mes mots dès que je suis mal à l’aise, j’ai du mal à regarder les infos et je peux pleurer toute une soirée si je vois qu’un élève est malheureux. Enfant, je n’ai jamais pris la parole en classe et je pense que ma mère a entendu un nombre incalculable de fois : “Elle est trop sensible la petite, il faudrait qu’elle se blinde si elle veut devenir danseuse”.  

Je ne me suis pas blindée. Je me suis contentée d’observer - beaucoup - et cela a suffi. Il a néanmoins fallu plusieurs années pour que j’arrive à me détacher de l’opinion des autres. Et il me faut quelques fois une piqûre de rappel. Mais la danse a toujours été l’univers dans lequel je me sens le plus en sécurité. Oui, ce monde que certains qualifieraient pourtant d’”impitoyable”.

Miraculeux ? Absolument pas.

 

C’est en observant les gens que j’ai compris que parfois, leur principal problème n’était pas ce que j’étais, ou ce que je venais de faire. Qu’il ne s’agissait pas de moi. Que c’était eux qu’ils étaient en train de définir en me critiquant.

 

Le réflexe naturel lorsque l’on reçoit une critique est de commencer par se questionner soi-même : Qu’ai-je fait de mal ? Qu’ai-je donc de mauvais ?

Mais peut-être faudrait-il tout simplement commencer par la personne qui nous critique et se demander pourquoi elle le fait, ce qu’elle cherche à accomplir, ce qu’elle attend de nous ou de la situation et ce que lui apporte cette critique.

J’ai croisé lors de ma formation un ou deux professeurs d’une cruauté extrême. J’ai croisé lors de ma carrière quelques chorégraphes ou danseurs qui semblaient prendre un malin plaisir à rabaisser systématiquement les autres. Je suis confrontée aujourd’hui, en tant que directrice d’une école de danse, à d'autres professeurs, d'autres écoles, qui semblent attacher davantage d’importance à prouver une présumée supériorité de leur établissement, bien souvent en s’attaquant aux autres, plutôt que de se concentrer sur l’épanouissement de leurs élèves.

Une petite élève m’a récemment dit au sujet de son ancien professeur “Elle était méchante. Je ne sais pas ce qu’elle avait. Elle semblait toujours en colère”.

En colère… Sans le savoir, cette petite venait de résumer parfaitement la situation. Si vous étiez pleinement épanouis, prendriez-vous le temps de critiquer la terre entière ou d’être méchants avec des enfants ? Je ne pense pas.  

Les personnes les plus enclines à tenter de vous blesser sont celles qui d’une manière ou d’une autre, souffrent. Souffrent de ne pas avoir réalisé leur rêve, de ne pas avoir été reconnus, de ne pas être ce qu’ils auraient aimé être. Critiquer les autres devient un moyen de se prouver (et éventuellement de tenter de prouver au monde entier) qu’ils sont réellement ce qu’ils auraient tant voulu devenir.
D’autres souffrent d’une fin de carrière (parce qu’il peut être difficile, soyons honnêtes, de ne plus être LE danseur. Parce qu’il est parfois douloureux d’accepter que l’on ne peut pas “être et avoir été”).

D’autres ont des problèmes qui n’ont peut-être même aucun rapport avec la danse. Mais qui les rongent suffisamment pour qu’ils trouvent une certaine satisfaction à se “venger” ainsi.

 

Seulement nous sommes libres de décider de laisser ces critiques prendre possession de nos sentiments. Alors qu’elles ne durent en vérité qu’un instant, il nous appartient de les laisser vivre en nous des jours durant ou de les laisser s'éteindre. D’imaginer ce que l’on aurait dû répondre ou ce qu’il aurait fallu faire pour les éviter. Et les gens qui nous critiquent ont bien souvent besoin de cette réponse pour se rassurer sur ce qu’ILS sont.

Alors qu’il est bien entendu naturel d’être blessés lorsque nous recevons une critique, surtout si nous manquons de confiance en nous, nous sommes en revanche libres de décider de leur importance et de leur pouvoir. Avons-nous réellement envie de les laisser prendre le contrôle ?

 

Une fois la première impression - négative - passée, j’ai donc pris l’habitude de me rappeler que nous avons tous une sensibilité différente. Que ce qui me plaira ne plaira pas forcément à l’autre. Et que cela ne signifie pas obligatoirement que l’un a raison et que l’autre a tort. J’ai pris l’habitude de regarder celui qui me critique en m’interrogeant sur ses motivations avant de me tourner sur moi-même.

Et puis je me suis habituée à transformer toute critique en information. Parce qu’il y a toujours quelque chose à apprendre. Parce que je ne suis pas parfaite et que l’envie de m’améliorer restera toujours un bien joli moteur. Et parce que personne n’a le pouvoir de décider de mes sentiments.

 

 

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